Etats-Unis : jeunes filles à vendre sur internet

Publié le par flammesdumonde

Prostitution-Craigslist-Etats-Unis.jpgCraigslist.org est le site de petites annonces numéro un aux Etats-Unis. Chaque mois, 50 millions d’Américains l’utilisent pour rechercher une voiture, un logement, un travail… On y trouve également une section nommée « services pour adultes ». Que peut-on lire dans cette rubrique ? Si les dirigeants de Craigslist affirment qu’ils ne diffusent pas d’annonces louant les services de prostituées, ce site est pourtant bien connu pour cela. En y regardant de plus près, on découvre de manière plus ou moins explicite des milliers d’offres pour des relations sexuelles tarifées. Certaines, plutôt discrètes, proposent des massages sensuels, d’autres affichent ouvertement un tour de poitrine et un tarif horaire. La prostitution est illégale quasiment partout aux Etats-Unis. Cependant, ces annonces ne cessent de fleurir.

 

« Les hommes répondaient aux annonces sur Craigslist et payaient pour me violer »

 

Actuellement, cette rubrique fait l’objet d’une vive polémique aux Etats-Unis, plus particulièrement depuis que deux jeunes femmes ont publié dans la presse une lettre adressée à Craig Newmark, fondateur de Craigslist. Elles demandent à ce dernier de fermer sa rubrique de services pour adultes. L’une d’entre elles, M.C., explique : « Lorsque j’avais 11 ans, un homme de 28 ans m’a forcée à me prostituer. Je ne suis pas une exception. Ce proxénète exploitait plusieurs filles de mon âge, on appelait sa maison « la garderie de papa ». Toute la journée, les autres filles et moi étions assises avec nos ordinateurs portables, nous envoyions des photos et répondions à des annonces sur Craigslist. Il gagnait 1 500 dollars par nuit en vendant mon corps, il m’amenait à Los Angeles, Houston, Little Rock, même à Las Vegas dans le coffre de sa voiture. Aujourd’hui, j’ai 17 ans, et mes souvenirs d’enfance ne sont pas le temps passé avec ma famille, à l’école ou encore au bal de fin d’année. Ils sont faits d’arrangements sur Craigslist pour des relations sexuelles et de réponses à un maximum d’annonces sous peine d’être battue ou plongée dans une baignoire d’eau glacée. »

L’autre auteure de cette lettre, A.K., raconte qu’elle a commencé à sortir avec un homme qui s’est révélé être un proxénète. « Il a mis ma photo sur Craigslist et j’ai été contrainte à me prostituer sur des aires de repos de routiers ou dans des hôtels bas de gamme, 10 heures avec 10 hommes différents chaque nuit. C’est devenu mon quotidien. Les hommes répondaient aux annonces sur Craigslist et payaient pour me violer. Craigslist a largement contribué aux 30 000 dollars qu’il empochait chaque mois. »

 

Une rubrique qui rapporte 36 millions de dollars par an

 

Jim Buckmaster, Directeur Général de Craigslist, a déclaré que son entreprise travaillait sans relâche pour identifier les annonces où des enfants seraient exploités. D’après lui, chaque offre de la rubrique services pour adultes est vérifiée et son auteur est contacté par téléphone. Pourtant, on continue de voir des annonces où les mots « jeune », « fraiche » et « inexpérimentée » sont mis en avant.

Craigslist fait actuellement l’objet d’une enquête criminelle en Caroline du Sud, où le procureur général considère que le site fait la promotion de la prostitution. De nombreuses organisations luttant contre le trafic d’êtres humains ont demandé à Craigslist de supprimer sa rubrique de services pour adultes et de retirer ainsi aux proxénètes un des moyens de communication les plus rémunérateurs. Amber Lyon, reporter pour CNN, a fait un test en diffusant une annonce sur ce site où elle se faisait passer pour une prostituée mineure au tarif horaire de 200 dollars. Trois heures après la mise en ligne de son annonce, elle avait déjà reçu 15 appels de clients potentiels. Son téléphone ne cessa de sonner durant deux jours.

Malgré les pressions, Craigslist n’a jamais laissé entendre qu’il fermerait cette fameuse rubrique. D’après la loi américaine, ce site ne peut être tenu responsable du contenu des offres qu’il diffuse.

M.C., une des auteures de la lettre adressée à Craig Newmark souligne un élément important. « La rubrique services pour adultes de Craigslist rapporte chaque année 36 millions de dollars. Ces profits sont faits aux dépens de filles comme nous, qui sont leurrées, kidnappées et forcées de répondre à la demande croissante des violeurs d’enfants. Les nouveaux trafiquants mettent chaque jour des annonces en ligne car ils savent qu’il est moins risqué de vendre des filles sur Craigslist que de dealer de la drogue. »

 

Entre 100 000 et 300 000 enfants forcés à se prostituer chaque année aux Etats-Unis

 

Le trafic d’enfants est un sujet tabou aux Etats-Unis, le « sale petit secret de l’Amérique », comme certaines organisations l’appellent. D’après le Département de la Justice, entre 100 000 et 300 000 enfants sont forcés à se prostituer chaque année aux Etats-Unis. La majorité d’entre eux étant des filles ayant entre 11 et 14 ans. Qui sont ces jeunes exploités par des proxénètes ? Contrairement aux idées reçues, la plupart d’entre eux ne sont pas des immigrés amenés aux Etats-Unis via des réseaux de prostitution, ce sont des Américains venant de milieux difficiles qui ont fugué ou qui ont été kidnappés.

L’histoire classique étant la jeune fille de 13 ans qui fuit son foyer, se retrouve dans la rue, et qui est alors aidée par un homme plus âgé qui va lui offrir de quoi manger et se loger. Une fois qu’elle a accepté ces services, sa vie est liée au bon vouloir de celui qui s’avère être un proxénète et qui la force à travailler pour lui.

 

Sources

http://www.guardian.co.uk/technology/2010/aug/08/craigslist-underage-prostitution-allegations

http://www.cnn.com/video/data/2.0/video/crime/2010/08/10/pkg.lyon.craiglist.sex.update.cnn.html

http://www.cnn.com/2010/OPINION/08/02/saar.craigslist.child.trafficking/index.html

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