France : les femmes, principales victimes de la reforme des retraites ?

Publié le par flammesdumonde

Retraite-femmes.jpgLa Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) a été saisie par des députés de gauche, ainsi que des associations (Attac, Fondation Coppernic), pour discrimination envers les femmes dans le cadre du projet de réforme des retraites actuellement débattu à l’Assemblée. En effet, les femmes, dont les parcours professionnels sont en général ponctués de périodes d’interruption, sont les principales victimes de la réforme défendue par le gouvernement français.

 

L’actuelle situation des femmes retraitées

Afin de comprendre pourquoi il y a plus de femmes retraitées en situation précaire que d’hommes (22% contre 16%), il faut revenir aux différences qu’ils connaissent durant leur carrière. En France, les femmes salariées gagnent en moyenne 27 % de moins que les hommes, plus d’un tiers d’entre elles travaille à mi-temps et 80% des travailleurs précaires sont des femmes. A cela s’ajoute les interruptions de carrière des femmes afin d’élever leurs enfants ou de s’occuper de leurs parents devenus dépendants.

Résultat, les femmes partent aujourd’hui en retraite en moyenne à 61,4 ans, soit deux ans plus tard que les hommes. 36% d’entre elles vont même jusqu’à 65 ans, contre 12% pour le sexe opposé. Soulignons enfin que la retraite moyenne des hommes est de 1 425 euros et celle des femmes de 825 euros.

 

Si la réforme passe…

Pour les élus qui saisissent la Halde, la réforme ne fera qu’aggraver les inégalités actuelles. « Toute augmentation de la durée de cotisation signifie donc qu’une proportion beaucoup plus forte de femmes que d’hommes devront, soit prendre leur retraite à un âge plus tardif (avec les difficultés notoires d’emploi des seniors), soit subir une décote plus forte, puisqu’elles seront en moyenne encore plus loin que les hommes de la durée exigée », écrivent-ils. « Ces disparités résultent des discriminations liées à l’état de grossesse et au sexe dont les femmes sont victimes et qui impliquent qu’elles sont davantage pénalisées par des carrières interrompues, des temps partiels et des salaires moins importants », écrit la présidente de la Halde, Jeannette Bougrab, qui a autosaisi la haute autorité sur la question.

Les élus de gauche ne sont pas les seuls à tirer la sonnette d’alarme. Chantal Brunel, députée UMP et rapporteur général de l'Observatoire de la parité hommes-femmes, a affirmé dans un communiqué que les femmes étaient les "grandes incomprises de la réforme des retraites". Elle a demandé au gouvernement de "dissuader les entreprises de recourir au temps partiel",  "maintenir à 65 ans l'âge de départ à taux plein pour les femmes ayant deux enfants et plus" et "adopter enfin des sanction dissuasives pour les entreprises qui ne respectent pas l'égalité hommes-femmes".  

 

Plus d’égalité au travail pour plus d’égalité à la retraite

Le projet de réforme propose de prendre en compte l'indemnité journalière que touchent les femmes durant leur congé maternité pour le calcul de la retraite. Mais attention, une femme ayant en moyenne deux enfants, cela représente seulement 32 semaines de congé maternité sur 2 000 semaines de cotisation. Cela est largement insuffisant pour éviter que les femmes ne soient lésées.

Les inégalités de carrière et de retraite sont clairement liées. Les discriminations envers les femmes retraitées continueront d’exister tant que rien ne sera fait pour améliorer leurs conditions de salariées.

 

Photo : galerie Flick'r d'Ernest Morales.

Publié dans Travail

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